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Le goût des livres

  • Tant que le café est encore chaud

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    "Mme Kôtake avait remarqué un jour qu'il avait entouré les noms des lieux où ils étaient allés voir des jardins. Sur le moment, elle avait attribué ça à la persistance de son amour pour son métier de paysagiste. Mais elle était loin du compte. Il avait entouré tous les lieux où ils s'étaient rendus ensemble. Et dire qu'elle ne l'avait pas compris. En prenant ces notes, M. Fusagi luttait pour ne pas oublier sa femme."

    Ce roman japonais a été très présent sur les blogs à sa sortie. Je doutais qu'il me plaise et puis le hasard a fait que je l'ai trouvé en boîte à livres, j'ai donc essayé. Une première tentative m'a fait abandonner. 

    J'ai quand même persisté et conclusion, ce n'était pas un livre pour moi.

    Le principe est simple. A Tokyo, il se murmure que dans un certain café, en s'essayant sur une chaise devant un café chaud, on peut retourner dans le passé. Aussitôt, une file d'attente se forme devant le "Funiculi Funicula".

    File d'attente vite évaporée, tellement les règles pour tenter le retour en arrière sont strictes et contraignantes, notamment revenir avant que le café refroidisse. Les minutes sont comptées.

    Nous faisons la connaissance du patron et des employées du café, habitués à des demandes plus ou moins originales. La première candidate au voyage dans le passé est une jeune femme Fumiko. Elle a raté sa dernière rencontre avec l'homme qu'elle aime et elle veut revivre cette minute de manière différente, voire modifier leur relation future.

    Ensuite nous verrons défiler une femme dont le mari, atteint  d'Alzheimer perd le souvenir, une autre pétrie de remords envers sa jeune soeur qu'elle a laissée seule devant des responsabilités familiales trop lourdes etc .. quatre femmes en tout expérimentent le voyage dans le temps. 

    Là où l'affaire se complique, c'est que fameuse chaise est occupée en permanence par une femme en blanc qui s'avère être un fantôme. Bon, j'arrête là, je vais trop divulgâcher.

    J'aurais pu être touchée par ces histoires, certains personnages sont attachants, mais l'ennui domine, le processus est très répétitif, les redites nombreuses et les propos trop simplistes. J'ai eu l'impression de tourner en rond.

    Il y a une suite, la série en est au quatrième, ce sera sans moi.

    L'avis de Géraldine (pas meilleur que le mien)

    Toshikazu Kawaguchi - Tant que le café est encore chaud - 240 pages
    Traduit du japonais par Miyako Slocombe
    Le Livre de Poche - 2022

  • Bon dimanche

    Sur une suggestion de Luocine, cette semaine je découvre une chanteuse qu'elle apprécie : November Ultra. J'ai choisi un duo avec Voyou. La chanson m'a rappelé Pierre Barouh que j'aimais bien (nostalgie, nostalgie).

    November Ultra et Voyou

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  • Je lis ...

    Le rituel de fin d'année, qui m'amuse toujours. Un peu plus difficile cette fois-ci, j'ai moins lu, le choix est restreint, mais il en sort toujours quelque chose : vrai, pas vrai, extravagant, contrariant, intrigant c'est selon .. 

    Décris-toi
    Mon vrai nom est Elisabeth

    Comment te sens-tu ?
    De thé et d’amour

    Décris où tu vis actuellement
    Le hameau de personne

    Si tu pouvais aller où tu veux, ou irais-tu ?
    Le jardin sur la mer

    Ton moyen de transport préféré
    Le sentier dans la montagne

    Ton/ta meilleur(e) ami(e) est ...
    Hildur

    Toi et tes amis vous êtes ...
    Les femmes du North End

    Comment est le temps ?
    Dans les brumes de Capelans

    Quel est ton moment préféré de la journée ?
    La neuvième heure

    Qu'est la vie pour toi ?
    Elever (billet à venir)

    Ta peur ?
    Les deux visages du monde

    Quel est le conseil que tu as à donner ?
    Coupez !

    La pensée du jour
    C’est bon pour ton ego

    Comment aimerais-tu mourir ?
    Pour que l’on se souvienne

    Les conditions actuelles de ton âme
    Le pont des soupirs

    Ton rêve
    Le bruit du rêve contre l
    a vitre

    A vous de jouer ..

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    Edward Hopper

  • Tous les silences

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    "Pavoliita comprit qu'il avait tout intérêt à se taire et à quitter discrètement la conversation. Il réalisa du même coup qu'il ne savait rien de rien, en réalité, de ce qui faisait le quotidien de sa famille. Il était là en passager clandestin, pendant que Terhi s'occupait de prendre tous les rendez-vous chez le dentiste, le pédiatre ou l'orthophoniste, de gérer la communication avec le jardin d'enfants et d'établir des listes de courses. La seule chose dont il se chargeait au sein du foyer était le changement des pneus d'hiver de la voiture deux fois par an. Il dit "Je vais les réveiller. Bois ton café tranquille".

    Je commence l'année avec un polar bien sous tous rapports. Je me suis intéressée autant à l'enquête qu'aux enquêteurs. Il fait partie d'une série "Delta noir" qui comporte quatre titres. Celui-ci est le troisième. Il y a quelque temps, j'ai lu et aimé le premier "Le serment".

    Nous sommes en Finlande, de nos jours, et alternativement en Ukraine, en 1941. Un vieil homme de 97 ans, Albert, est agressé dans sa maison de retraite. Deux individus en noir et cagoulés le traînent et le battent sur quelques mètres avec l'intention de le pendre à un arbre un peu plus loin. Sans l'intervention d'une infirmière il ne s'en sortait pas.

    Qui peut bien en vouloir autant à un vieillard ? C'est un pensionnaire agréable, apprécié, ancien combattant médaillé. Il a mené une vie tranquille avec sa femme, décédée, et a été un bon père pour ses deux filles.

    La police est sur les dents en imaginant les gros titres lorsque l'affaire sera ébruitée. Alfred pense qu'il a été agressé par erreur, ce qui n'est pas vraiment l'avis des enquêteurs. Il y a trop de détails troublants.

    Lorsqu'un deuxième homme âgé et handicapé, Klaus, est assassiné chez lui, avec le même mode opératoire, le doute n'est plus permis, les deux agressions sont certainement liées et ne sont pas le fruit du hasard.

    Les enquêteurs finissent par trouver que les deux hommes se sont connus pendant la guerre. C'est l'aspect du roman qui m'a le plus accrochée, évoquant la Guerre d'hiver puis l'enrôlement de jeunes Finlandais volontaires dans les SS lorsque les Allemands ont attaqué l'Union Soviétique. Un passé dont ils ne se vantent pas et où ils ont vécu ou commis des violences extrêmes.

    Les trois enquêteurs qui travaillent sur l'affaire étaient déjà présents dans "le serment". Pavoliita, est tourmenté par l'enquête mais tout autant par son couple qui part à vau-l'eau. Il n'est pas sûr d'avoir envie de faire des efforts pour qu'il dure plus longtemps. Il réfléchit beaucoup et va être confronté à des problèmes de conscience difficiles, surtout à la fin.

    Linda, son équipière,  supporte mal sa solitude et lutte toujours pour ne pas retomber dans la bouteille. Je me souvenais moins bien de Oksman, toujours aussi énigmatique aux yeux de ses coéquipiers, sans que cela gêne ma lecture.

    Bien entendu je ne vais pas vous en dire plus, ce sera difficile d'avancer avec Albert qui nie tout ce que les enquêteurs lui opposent. Est-il aussi innocent qu'il le dit, ne sait-il vraiment rien de ses agresseurs comme il le prétend ?

    Il ne faut pas se cacher que les chapitres sur l'Ukraine en 1941 ne sont pas faciles à lire, on comprend vite que la violence va aller crescendo et que les jeunes recrues n'en sortiront pas indemnes. La Finlande a du mal à regarder en face cette période là de son histoire et préfère oublier.

    L'histoire n'est pas manichéenne, le fond est certainement bien documenté, les relations entre les enquêteurs approfondies, un excellent polar scandinave.

    L'avis de Dasola

    La série "Delta noir" dans l'ordre chronologique :

    - Le serment
    - La revanche
    - Tous les silences
    - La honte

    Première participation au challenge "Un hiver Polar" chez Alexandra

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    Arttu Tuominen - Tous les silences - 456 pages
    Traduit du finnois par Claire Saint-Germain
    Points - 2025

  • Bonne année !

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  • Pause Noël

    J O Y E U X   N O Ë L

     

    A TOUTES ET A TOUS

     

    noël

    J'en profite pour faire une courte pause. Bonnes fêtes de fin d'année et à l'année prochaine. Prenez soin de vous.

  • Bon dimanche

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  • Trois enterrements

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    "Elle est là, à jouer les desperados en fuite au volant d'une décapotable au fin fond de l'arrière-pays, bon, en fait en pleine campagne dans le Sud-Est de l'Angleterre. Pas évident d'imaginer un road-movie dans un pays qui se traverse en quatre heures seulement, selon la circulation, mais elle ne s'est jamais sentie aussi Thelma et Louise. Sauf qu'ils sont trois à bord, et que l'un deux est mort."

    Non seulement l'un d'eux est mort, mais l'autre est menotté au cadavre. Qu'a donc fait Cherry pour en arriver là ? Infirmière dépassée au moment du covid, débordée, épuisée par les drames successifs auxquels elle était confrontée, elle n'a même pas vu que son fils Liam était en détresse. Il s'est suicidé et depuis elle part en vrille, négligeant son mari, Robert et sa fille Danielle.

    Après une nuit de plus de beuverie, elle se réveille sur une plage familière et découvre le corps d'une jeune garçon qui ressemble à Liam. Il ne s'est manifestement pas noyé mais a reçu un coup qui lui a cassé la nuque. Un des nombreux migrants qui échouent sur les côtes anglaises sans doute. Il tient, serré dans sa main, le portrait plastifié d'une jeune femme.

    Le sang de Cherry ne fait qu'un tour devant ce massacre et elle décide de trouver la femme du portrait et d'assurer un enterrement décent au garçon, dont elle apprendra plus tard qu'il se nomme Omar et est Somalien.

    L'auteur nous entraîne dans une quête plutôt déjantée, où nous découvrons une fine équipe de policiers "Défenseurs du royaume". En toute illégalité ils se chargent de refouler les migrants avec des méthodes plus que contestables. Omar en a fait les frais.

    Cherry les met en difficulté en s'occupant du corps d'Omar. Leur principe, c'est "pas de corps, pas de problème". Le contraire du projet de Cherry. Dès lors, elle est prise en chasse.

    Je n'en dirai guère plus parce que les péripéties se succèdent à un rythme soutenu et les rebondissements s'enchaînent. La caricature de certains personnages est poussée assez loin (encore que je crains fort qu'ils existent en vrai pour certains).

    S'il y a des hommes affreux, il y a aussi de la solidarité et Cherry va faire de belles rencontres, dont une gardienne de maison tchèque sachant communiquer avec les morts. Les chapitres alternent d'un personnage à l'autre, ce qui nous donne une vision large de ce qu'ils pensent. 

    Le style est d'une ironie mordante, subversive, à la hauteur de la violence des sphères de pouvoir et de la haine des autres en général. Le poison du racisme est présent partout. 

    Je suis ressortie de cette lecture un peu sonnée par le rythme, les personnages, assez hauts en couleurs et le mélange détonnant entre loufoquerie et drame profond. L'auteur nous place devant les conséquences concrètes des politiques de l'immigration, sans échappatoire lorsque l'on a les deux pieds dedans et c'est très réussi.

    "Tout ça se fond dans un grand chant de consolation effrayante, excitante, puissante et nécessaire. Une commémoration d'Omar, et de Matthew, parmi tant d'autres de nos nombreux morts récents, certains identifiés, mais beaucoup anonymes, tous emportés par le Covid, l'austérité, le racisme, la politique migratoire et la cruauté psychotique fanatique d'une classe dirigeante malveillante, mensongère, profondément mauvaise".

    L'avis de Alex Alexandra Cathulu Kathel 

    Anders Lustgarden - Trois enterrements - 304 pages
    Traduit de l'anglais par Claro
    Actes Sud - 2025